La chanson [reboot]

« Depuis l’invention du microsillon de gomme-laque, les chansons durent en moyenne trois minutes. »

La Chanson 1 – © Simon Gosselin petit

Spectacle en tournée Saisons 22/23 et 23/24

Durée 1h20

© Simon Gosselin

Note d’intention

Le Val d’Europe comme tous les abords de Marne la Vallée est né pour accueillir la ville de Walt Disney et son usine à rêves. De cette proximité avec l’industrie du divertissement a surgi une ville au décor de carton-pâte ou même la nature se doit d’être plus belle que dans sa réalité ordinaire. Trois amies d’enfance, Jessica, Barbara et Pauline, s’y réunissent chaque jeudi soir, dans une salle d’un centre social de la ville, pour répéter inlassablement des chansons d’Abba. Elles sont d’ailleurs sélectionnées pour un concours de sosies. Calées au millimètre par Barbara, les chorégraphies sont de pâles copies de celle du groupe pop des années 70 lui-même fabriqué par l’industrie du disque de l’époque… Si Jessica suit maladroitement les indications, Pauline quant à elle déclare avoir enfin trouvé un but dans sa vie : écrire ses propres chansons. Confrontée à une réalité inconnue, celle de l’expression de soi et de sa propre créativité débarrassée de toute référence, Pauline emmène le trio sur un territoire inconnu.

Distribution

Texte et mise en scène Tiphaine Raffier
Avec Jeanne Bonenfant, Candice Bouchet, Pauline Deshons en alternance avec Clémentine Billy
Assistante à la mise en scène Clémentine Billy et Joséphine Supe
Scénographie et lumières Hervé Cherblanc
Vidéo Pierre Martin Oriol
Musique Guillaume Bachelé
Son Martin Hennart
Costumes Caroline Tavernier
Chorégraphie Johanne Saunier
Directeur technique Olivier Floury
Régie vidéo et lumières Lucie Decherf
Régie son Jehanne Cretin-Maitenaz

Re-création  Décembre 2O21
Production La femme coupée en deux
Coproduction Théâtre de Lorient CDN, Le Préau, CDN de Normandie-Vire, Théâtre Sorano – Toulouse

Création 2012 au Théâtre du Nord dans le cadre du Festival Prémices, avec les comédiennes Noémie Gantier, Victoria Quesnel et Tiphaine Raffier.
Production Théâtre du Nord – CDN de Lille-Tourcoing en coréalisation avec la rose des vents, Scène Nationale de Villeneuve d’Ascq
Avec le soutien de la SACD

Pourquoi remonter La chanson aujourd’hui ? Ce spectacle semble venir d’un autre monde, d’un monde dans lequel les réseaux sociaux n’en étaient qu’à leurs balbutiements, et où les enjeux climatiques peinaient à se populariser. 
À l’époque, les membres d’Abba semblaient fâchés pour la vie et avaient déclaré « ne jamais se reformer »
Aujourd’hui, en 2021, Abba annonce son retour sur Tik tok et c’est dans un contexte de fin du monde que leurs hologrammes se chargeront de la tournée. 
En 2011, moi aussi, j’étais différente. J’étais au début d’un long cheminement d’émancipation artistique et féministe.
Quand j’ai écrit La chanson, il y avait sur ma table de chevet Premiers matériaux pour une théorie de la jeune fille du Comité invisible.  
Barbara, Pauline et Jessica ont grandi dans un univers « prêt-à-vivre ». Tout y est digéré, normé : leur journée, leur rôle, leurs émotions. Divertissement et consommation constituent la devise de leur empire. 
L’invention des personnages de Barbara, Pauline et Jessica vient de cette culture anarchiste de la Jeune fille comme un agent et un produit de consommation.
Lorsque j’ai écrit La chanson, je me tenais sur un pont suspendu entre deux rives. D’un côté, on trouvait la séduction de Disney, la science du récit et de l’entertainment, la nostalgie carton-pâte de l’enfance pour toujours. L’envie était grande d’intégrer cette hégémonie culturelle comme matrice originelle. 
Sur l’autre rive, on trouvait la révolution anarchiste, le monde de la déconstruction et de l’expérimentation artistique. 
Ce que ces deux rives avaient en commun, c’était leur propagande. 
Nourrie d’un passage par le cinéma en 2018, La chanson revient. Enrichi de nouvelles collaborations artistiques, La chanson redémarre pour interroger : à l’heure de nos nouveaux modes de consommation culturels, la jeune fille est-elle réellement sortie de son aliénation ? 
 
Puisque La chanson parle d’imitation et de copie, il fallait impérativement que la chanson devienne La chanson [reboot].

Extrait

Pauline :
Aucun allumage n’est nécessaire,
il n’y a donc aucun risque d’incendie
Lorsque l’on aspire, le microprocesseur active le vaporisateur qui chauffe et qui mélange le liquide contenu dans la
cartouche avec l’air inspiré chargé d’humidité Ce mélange est propulsé sous forme de vapeur
et inhalé par l’utilisateur
Le corps est une structure intégrée qui regroupe
une coque en acier inoxydable, une batterie au lithium, un microprocesseur, un vaporisateur et
une recharge contenant les arômes de tabac
Elle est munie en son extrémité d’une Del lumineuse simulant la combustion
La cigarette électronique n’est pas un jouet
La cigarette électronique n’est pas un jouet
La cigarette électronique n’est pas un jouet

La Chanson 3 – © Simon Gosselin-min
© Simon Gosselin